Une petite taverne bien agréable où il fait bon d'entendre grôler des hôtes particulièrement fournis en masse chevelue et où trainent toutes sortes de méchamment gentilles créatures. Un bon petit coin dédié à la musique...
 
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 Un de mes textes

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Date d'inscription : 28/08/2007
Localisation : Région parisienne

MessageSujet: Un de mes textes   Sam 16 Fév - 20:23

J'écris beaucoup, mais j'aurais trouvé énervant de vous ressortir un vieux texte pourrave d'il y a deux mois, alors voilà mon nouveau né de ce matin :

Citation :
La foulée de nos destriers ne perdait pas de sa fureur meurtrière. Nous avions la force et la vitesse, alors que pouvait-il donc nous arriver ? Nous les écraserons tous de nos poings contractés par l'ivresse du sang, de la paume de leurs mains rougeâtres, et nous les ferons s'agenouiller, implorants, révélant leur lâcheté éhontée.
Ma pensée n'est rien à présent. Je me laisse guider, tel un aveugle convaincu, par l'instinct ravageur et par la haine qui coule dans mes veines et qui brûle de se libérer. Je les vois, au loin. Ils rient et chantent. Ils ignorent qu'ils vont souffrir tout à l'heure. Ils ne savent pas que je n'admirerai le son de leur voix que lorsqu'il sera strident et empli de cette peur qui les rongera jusqu'aux plus profond de leurs misérables entrailles. La pitié ne fait plus partie de moi. Elle passe, étrangère, à peine me frôle-t-elle. C'est le souffle de la vie qui m'évite, dévié par un obstacle.
Cet obstacle, c'est moi.
Qui suis-je ? Un monstre dirons les uns, une créature née pour tuer les bourreaux dirons les autres pour pardonner l'impardonnable. Je respire la colère, ce noble sentiment universel.
Je vais charger. Seul contre des âmes démunies. Un combat somme toute égal. Je brandis mon arme. La lutte commence, enfin. Je laisse tous mes mauvais sentiments m'envahir, et je tue. Pour oublier comme un ivrogne dans la boisson, je tue. Tous mes anciens compagnons, tous ceux qui chevauchaient quelques instants plus tôt à mes côtés.
Je vois l'incompréhension dans leurs yeux : c'est en face qu'aurait dû se déclencher ma hargne folle.
Mais je n'ai pas pu attendre. Trop de choses à oublier, tellement de doutes…Leurs regards effarés et glacés d'épouvante par la mort violente n'y feront rien.
Moi, homme, dit faiblement être humain, je suis un monstre. Et je n'ai pas honte.
J'ai appris que la vie ne consiste qu'à tenter de se trouver. L'homme est issu du Néant, et il cherche désespérément à faire de cette masse inerte qu'il occupe, de ce Néant qui l'habite, une tâche quelconque inconsidérée. L'homme est tout simplement et bêtement fou. Alors j'ai développé ma folie. Doucement, lentement, mais sûrement. Pour devenir ce que je suis. Insensible, mais fort et vivant. Je ne ressens pas ce besoin de me libérer de mes actes, car ma folie souvent meurtrière m'accompagne. Elle est avec moi, me contrôle, mais je n'ai pas de remords. Elle m'aide à oublier. A oublier que je peux mourir, que je tue, à oublier tout ce que j'ai fait par sa faute.

Vala...un autre, pas fini :
Citation :
Tous ses membres avaient frémis. Sans même réfléchir, comme mus par un réflexe lointain, il s'était accroupi, les sens en alerte. Il fallait écouter. Non plus entendre par distraction, mais s'intéresser réellement au monde qui l'entourait. Il le devait.
Il se mit alors à décrypter le souffle du vent à travers les branches des arbres et à analyser son rythme régulier. Ce balancement monotone de la nature ne troublait pas un silence qu'il s'imaginait factice. Cette étrange atmosphère si familière à celles des drames et des tragédies antiques : la seule différence résidait dans le fait qu'il en était l'involontaire protagoniste. Qui plus est il ignorait tout de la pièce et de ses participants. A tout instant, il croyait percevoir un soupir à contretemps qui trahissait son ennemi invisible. Mais toujours il finissait par assimiler son éphémère victoire à son hostile environnement sauvage.
S'il n'avait pas senti ce danger monter en lui, cette terreur lui dévorer les entrailles et cette pression sur sa poitrine, sans doute se serait-il apaisé et aurait-il continué son chemin. Cependant, au fur et à mesure de son inspection, il comprenait parfaitement que les senteurs de pin et les frémissements de la forêt n'étaient pas, ne pouvaient pas créer son trouble. Jusqu'à présent, il n'avait cherché la raison de son agitation qu'autour de lui.
Il tentait de ne pas admettre et de fuir cette éventualité qui se métamorphosait presque sournoisement en une fatalité inévitable.
Il en était à présent certain.
Cet ouragan dans son esprit, c'était lui.

J'ai encore une nouvelle, mais j'y tiens énormément et avec Internet...on sait jamais.
Vala...à vos com', chers fantômes...

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